En séance, vous faites un travail sérieux. Votre client comprend, il progresse, il se sent mieux. Et puis l’émotion revient. Le soulagement était réel — mais pas durable. Ce n’est pas un échec thérapeutique. C’est une question de niveau d’action.

Certains blocages ne répondent pas au travail cognitif parce qu’ils ne sont pas stockés au niveau de la pensée. Ils sont encodés dans le cerveau émotionnel, sous forme de mémoires biologiquement actives. Et pour accéder à ce niveau, il faut un outil qui agit par le corps — pas par le récit.

C’est précisément là qu’intervient le Havening®. Cet article explique le mécanisme neurobiologique, ce qu’il change concrètement pour les praticiens, et pourquoi il complète naturellement les approches que vous utilisez déjà.

Pourquoi certains traumatismes résistent — l’explication neurologique

La théorie polyvagale nous a appris que sans sécurité neurologique, aucun changement durable n’est possible. C’est une avancée fondamentale, intégrée par de nombreux thérapeutes dans leur posture clinique.

Mais la sécurité relationnelle ne suffit pas toujours. Certains traumatismes sont encodés à un niveau plus profond : celui des circuits de survie du cerveau, dans l’amygdale, sous forme de configurations synaptiques physiques.

Le modèle EMLI : quatre conditions pour qu’un souvenir devienne traumatique

Selon le Dr Ronald Ruden, neurobiologiste à l’origine du Havening®, un souvenir ne devient traumatique que si quatre conditions sont réunies simultanément au moment de l’incident :

  • Événement (Event) : un stimulus perçu comme menaçant.
  • Signification (Meaning) : l’interprétation subjective de la menace.
  • Paysage neurochimique (Landscape) : un état de vulnérabilité préexistant — stress chronique, fatigue, antécédents.
  • Inescapabilité (Inescapability) : le sentiment d’être piégé, sans issue.

Ce n’est pas l’événement seul qui crée le trauma. C’est la combinaison de ces quatre éléments qui produit un encodage stable dans le noyau latéral de l’amygdale. Et c’est cette stabilité qui explique pourquoi certains blocages résistent : le trauma n’est pas un souvenir ordinaire. C’est une structure biologique.

Ce qui se passe dans le cerveau pendant une séance de Havening®

Schéma neurobiologique Havening® — dépotentialisation de l'amygdale par ondes delta

Le Havening® est défini par Ruden comme une thérapie psychosensorielle de 4e vague. Son mécanisme repose sur une chaîne biologique précise, documentée dans plusieurs études publiées.

Le toucher génère des ondes delta

Lorsque le praticien applique un toucher doux et rythmé sur les bras, les paumes et le visage, il active des mécanorécepteurs cutanés spécifiques — notamment les fibres C-tactiles. Ces signaux génèrent dans le cerveau des oscillations de fréquence delta (0,5 à 4 Hz).

Ces ondes delta sont normalement présentes pendant le sommeil profond. Ici elles sont induites à l’état de veille et produisent un signal de sécurité biologique profonde qui calme l’hyperactivité de l’amygdale.

La dépotentialisation des récepteurs AMPA

Quand un souvenir traumatique est rappelé brièvement en début de séance, les neurones de l’amygdale deviennent labiles — prêts à être modifiés. Les ondes delta activent alors une enzyme appelée calcineurine (Ruden, 2019 ; Sumich et al., 2022).

La calcineurine provoque la déphosphorylation des récepteurs AMPA présents sur la membrane synaptique. Ces récepteurs — qui maintiennent le souvenir en état d’alerte permanent — sont retirés de la membrane par endocytose et réabsorbés dans le neurone.

Le résultat : le souvenir reste accessible, mais la charge émotionnelle douloureuse disparaît. Ruden formule cela comme une dissociation du fait et du ressenti — pas un effacement, une libération.

La cascade neurochimique simultanée

En parallèle, le Havening® stimule la libération de plusieurs neurotransmetteurs documentés (Sumich et al., 2022 ; Hodgson et al., 2023) :

  • Sérotonine : régulation de l’humeur et sentiment de bien-être.
  • Ocytocine : hormone de l’attachement et de la sécurité, libérée par le toucher.
  • GABA : inhibiteur principal, réduction de l’excitabilité neuronale.
  • Réduction mesurée du cortisol après une seule séance.

Ce n’est pas de la relaxation. C’est une intervention neurobiologique qui modifie simultanément la structure du souvenir et l’équilibre neurochimique.

Ce que ça change concrètement pour les praticiens

Travailler sans revivre

Le Havening® permet de dépotentialiser un souvenir traumatique sans que le client ait à le revivre intensément. Le Havening de l’Événement peut d’ailleurs se pratiquer sans que le client révèle le contenu de ce qu’il traverse. Pour des clients épuisés par la parole, ou dont la fenêtre de tolérance est étroite, c’est une différence majeure.

Une intégration naturelle aux pratiques existantes

Le Havening® n’est pas concurrent de l’EMDR, de l’EFT ou de la sophrologie. Il complète ces approches en agissant à un niveau qu’elles n’atteignent pas toujours directement. De nombreux praticiens l’intègrent en milieu de séance — dix minutes de Havening® dans une séance d’hypnose ou de coaching — sans remettre en question leur cadre de pratique.

Retrouvez les témoignages de praticiens certifiés :  https://techniquesdehavening.fr/praticiens-certifies-havening

L’auto-Havening® entre les séances

Les gestes du Havening® peuvent être enseignés aux clients pour une pratique autonome entre les séances. Simple, non intrusif, accessible sans thérapeute.

En savoir plus : https://techniquesdehavening.fr/nouveau-site-auto-havening/

Ce que disent les études

La recherche sur le Havening® est en développement. Plusieurs études publiées documentent des effets mesurables :

  • Sumich et al. (2022), Psychology & Neuroscience : réduction de la détresse subjective, modification des marqueurs cérébraux et de l’humeur après une séance.
  • Hodgson et al. (2023), Open Science Framework : essai contrôlé documentant une augmentation de la résilience après une intervention psychosensorielle.
  • Gursimran et al. (2015), King’s College London : amélioration significative des mesures de dépression et d’anxiété après une seule séance.

Pour approfondir les bases scientifiques :  https://techniquesdehavening.fr/havening-neurosicences/

FAQ

Le Havening® est-il réservé aux psychologues ?

Non. La formation certifiante est ouverte à tous les professionnels de la relation d’aide : thérapeutes, coachs, médecins, sophrologues, praticiens EFT ou EMDR.

Faut-il arrêter ses outils actuels ?

Pas du tout. Aucun praticien certifié ne témoigne avoir abandonné sa méthode précédente — tous décrivent un enrichissement de leur pratique existante.

Le Havening® fonctionne-t-il sur les traumatismes complexes ?

Oui. Le travail sur les traumatismes complexes se fait en plusieurs séances, en commençant par la préoccupation principale du client et en progressant couche par couche — Ruden parle d' »éplucher l’oignon ». Le Havening de l’Événement traite chaque souvenir identifié. Le Havening Transpirationnel, lui, permet de dépotentialiser des réseaux de souvenirs liés à une même émotion — colère, honte, peur, abandon — même sans lien temporel entre eux. Les deux protocoles se complètent selon l’avancée du travail.

Le Havening® est une approche psychosensorielle en pleine émergence, portée par des résultats de recherche encourageants. Son intérêt grandit auprès des professionnels du mieux-être pour sa capacité à favoriser l’apaisement émotionnel, la régulation du stress et un retour plus rapide à l’équilibre.

Une méthode moderne, douce et inspirante, au croisement de l’accompagnement humain et des neurosciences.

Aurélie Penndu-Ouaknine — Pharmacienne (15 ans d’expérience) · Naturopathe et praticienne en cabinet depuis plus de 10 ans · Praticienne certifiée Havening® depuis 2018 · Formatrice certifiée Havening® depuis 2020 · Co-Fondatrice du Centre Havening® France